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Accueil > À noter > Séminaires > Jeudi 8 Février 2018. Odile PETIT (CNRS & Université de Strasbourg). 14h30, Salle de Thèses (A104), Faculté des Sciences du Sport, Campus de Luminy (Marseille). Prise de décision collective et leadership chez les animaux.

Jeudi 8 Février 2018. Odile PETIT (CNRS & Université de Strasbourg). 14h30, Salle de Thèses (A104), Faculté des Sciences du Sport, Campus de Luminy (Marseille). Prise de décision collective et leadership chez les animaux.

Invitée par Pascal CARLIER et Joëlle BARTHELEMY

Mise à jour : 26 janvier

Chaque jour, des personnes prennent des décisions qui sont importantes pour la communauté qu’ils représentent. Il a été souvent suggéré que certains individus sont des leaders car ils ont plus d’influence sur les autres dans ces décisions. La façon dont certains individus influencent les opinions ou les comportements des autres a été bien étudié en sciences sociales et en sciences politiques. Cependant, étudier et comprendre comment des espèces animales peuvent parvenir à des décisions optimales pourrait nous permettre de mieux comprendre comment les êtres humains prennent leurs décisions. Dans le cas de la synchronisation des activités qui est un défi majeur pour toute société, les animaux dépendent de leurs congénères pour atteindre des buts communs et maintenir la cohésion du groupe. Les déplacements collectifs sont ainsi la manifestation la plus spectaculaire des décisions par consensus que nous pouvons trouver dans le règne animal. Classiquement, les mouvements collectifs sont souvent considérés comme le résultat du départ d’un seul individu qui serait alors suivi par ses congénères et cet initiateur est souvent qualifié de leader. Dans ce contexte, seuls certains individus pourraient initier et conduire le groupe car ils seraient les individus les plus motivés, les plus dominants et/ou qui connaitraient mieux leur environnement. Cette notion de leader unique est très répandue dans la littérature. On oppose souvent à ce leadership personnalisé, un leadership « distribué » ou « variable » où plusieurs individus différents peuvent être à l’origine des déplacements. Quand nous cherchons à comprendre les différences interspécifiques dans les processus décisionnels, il est indispensable d’envisager l’influence que pourrait avoir le système social d’une espèce sur le type de leadership qu’elle présente. Nos différents résultats montrent que le type de consensus d’une espèce peut être mis en relation avec son degré de tolérance. Ainsi, les différents types de consensus s’ordonneraient le long d’un continuum, allant d’un consensus où seulement quelques individus interviennent chez des espèces très hiérarchisées, à un consensus où l’ensemble des membres du groupe intervient chez des espèces très tolérantes. Ces différences ne sont pas sans rappeler les caractéristiques du despotisme et de la démocratie de nos sociétés humaines. Ainsi, étudier comment des décisions consensuelles peuvent être prises par des mammifères nous oblige à réfléchir à l’unicité de la démocratie humaine, à son origine et à la continuité évolutive qui pourrait caractériser les décisions collectives.