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Sans titre

Franchissement

Mise à jour : 18 avril 2008

Cette ligne de recherche s’intéresse à l’évaluation de la présence. Le sentiment de présence, ou « feeling of being there », est un concept clé de l’expérience subjective en environnement virtuel (Slater, 2002 ; Mestre & Fuchs, 2006). Il ne s’agit pas pour autant d’un concept clairement défini. Il s’agit plutôt, en l’état actuel de la littérature, d’une notion floue renvoyant sans doute à un objet complexe. Défini au sens large, le sentiment de présence renvoie à la conviction de ce que la « perception soi – monde » (i.e. la perception intégrée de soi-même et de l’environnement) est générée par l’interaction de soi-même avec l’environnement réel alors que cette interaction est en fait générée par l’interaction de soi-même avec un environnement virtuel. Pour que le sentiment de présence soit assuré, il importe donc que les interactions entre soi et l’environnement virtuel préserve l’essentiel des propriétés des interactions entre soi et l’environnement réel. Ce serait à cette condition que par exemple l’agentivité, i.e. le sentiment que nos actes sont bien nos propres actes, peut être assurée. Comment objectiver ce sentiment de présence ? L’ensemble des lignes de recherche visant à mesurer la présence essaie de quantifier ce en quoi la perception soi – monde dans l’environnement virtuel se rapproche ou s’éloigne de la perception soi – monde dans l’environnement réel. Deux lignes de recherche ont, jusqu’à présent, été investiguées : la recherche par questionnaire (faiblesse introspective) et la recherche de compensations posturales à la perte d’équilibre. Nous exploitons une ligne de recherche fondée sur des aspects volitifs et sélectifs du comportement. En situation réelle, il est des adaptations comportementales robustes bien connues qui impliquent un choix aisément objectivable. Par exemple, augmenter la longueur d’une enjambée lors du franchissement d’un fossé, effectuer un détour locomoteur pour éviter un obstacle (dans le cas de la figure 1, les sujets qui « pénètrent » dans la pièce font spontanément le tour de la table basse) ou sélectionner un chemin, abaisser la tête lors du franchissement d’une porte trop basse, ou bien tourner le torse lors du passage d’une porte trop étroite.


Passing through a virtual door

Nous nous proposons de tester ces adaptations comportementales en environnement virtuel. En faisant varier tantôt la taille du fossé ou de la porte virtuels tantôt la localisation des obstacles ou des chemins virtuels, nous devrions être en mesure de quantifier le sentiment de présence des sujets dans l’environnement virtuel. Nous nous attendons évidemment à ce que, si les sujets ont un fort sentiment de présence dans ces environnements virtuels, ils devraient adapter leur comportements segmentaires (tête, tronc) ou globaux (locomotion) aux contraintes virtuelles comme s’il s’agissait de contraintes physiques. Nous voudrions donc suggérer une approche « sensori-motrice » du phénomène de présence. Il est souvent dit, dans la communauté scientifique de la réalité virtuelle, que ce qui est recherché est le fait que le sujet se comporte dans le monde virtuel de manière naturelle, comme s’il était dans un monde réel (voir la notion d’interfaces « naturelles », transparentes pour le sujet). Sans rentrer ici dans le détail des problèmes soulevés par une telle position (problèmes liés à l’apprentissage par exemple), disons qu’on peut faire une analogie avec le problème général de la téléopération, lorsqu’on cherche à définir un système dans lequel le sujet utilise l’outil distant comme s’il était une partie de son propre corps (notion de schéma corporel ou d’attribution distale, voir Loomis, 1992). L’assertion générale est alors que l’identification d’invariants sensori-moteurs dans le comportement du sujet (on peut penser à la loi de Fitts liant vitesse et précision du geste) est un marqueur comportemental de la sensation de présence.


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